L’histoire du roman
R. Walton écrit des lettres à sa sœur. Il lui raconte ses envies de voyage, de découvertes et son expédition en Arctique. Alors qu’il aimerait se faire un ami, il découvre un naufragé à demi-mort de froid. Il lui raconte alors ce qui l’a amené seul dans cette région si isolée…
Homme de science, Victor Frankenstein a découvert le secret de la vie et décide de créer une créature à l’apparence humaine. Plongé dans son entreprise, il met au monde une créature, sans se poser de questions, que ce soit sur ces actes de création ou sur l’après…
« Ce moment, je l’avais espéré, attendu avec une ardeur immodérée, mais maintenant que j’avais terminé, la beauté de mon rêve s’évanouissait, et l’horreur et le dégoût remplissaient mon cœur. »
Mon avis
Je n’avais jamais lu ce classique de la littérature. Et clairement je m’attendais à tout autre chose. On a tellement entendu parler de Frankenstein que déjà, je pensais que c’était le nom de la créature. Alors qu’elle n’en a justement pas de nom.
Ce roman est pour moi une véritable oeuvre tragique qui pose les questions de l’abandon, de l’isolement, de la création du mal et de la responsabilité des créateurs.
J’ai eu énormément de mal à m’attacher à Victor. Il est égocentrique, il ne s’intéresse qu’à lui et il est incapable de se remettre en question. Quand il se sait lui et sa famille en danger, il ne pense finalement qu’à lui. On ne peut pas non plus pardonner les horreurs qui ont été commises par la créature mais je me suis retrouvée à la plaindre à plusieurs moments, à la comprendre, et à me sentir triste de son destin. Le fait de nous donner son point de vue, de découvrir son histoire a transformé le roman.
J’ai trouvé très intéressant et surprenant la place des femmes dans ce roman. Malgré le contexte historique, avec une autrice j’avais espéré découvrir des femmes autrement. Mais finalement, dans ce roman elles sont les dignes représentantes de leur époque : offerte comme un cadeau à un garçon, maternelle, jetable, créée pour palier la solitude.
Ce que j’ai aimé (ou pas) dans ce roman
Les +
L’histoire est très prenante. On est vite impliqué dans l’histoire et on a très envie d’en connaitre la suite.
Difficile de ne pas ressentir intensément ce roman et les émotions des personnages qui sont particulièrement bien décrites.
Clairement pas l’histoire que vous imaginiez.
Les – du livre
Quelques descriptions un peu longues. J’ai eu du mal à comprendre au départ la mise en abîme des histoires. Celle de R. Walton, celle de Victor, puis celle de la créature. On peut avoir un peu de mal à se mettre dedans mais ensuite c’est vraiment cool.
La force des sentiments dans Frankenstein de Mary Shelley
L’autrice a un don pour décrire les sentiments et nous faire ressentir la même chose que ses personnages. Je me souviens encore de l’immense angoisse que j’ai ressenti avec Victor à la création de son monstre. Vous avez déjà eu cette sensation d’avoir fait une énorme connerie ? Mais la peur vous paralyse et vous la mettez de côté, dans un coin de votre esprit. Comme si le fait de ne rien faire aller arranger la catastrophe.
Mais bien sûr, ça n’arrive jamais. Alors la tension augmente peu à peu, l’étau se resserre jusqu’à ce que la situation vous explose à la figure.
J’ai lu cette angoisse dans toute la première partie du roman. Elle était tellement bien décrite que j’étais au fond du trou avec Victor. Je sentais que j’avais fait cette connerie et j’avais peur de ce que cela allait engendrer.
De la même façon, j’ai ressenti une immense tristesse, pendant des sentiments de la créature. Dans Frankenstein de Mary Shelley, on ne peut pas ignorer ce que ressentent nos personnages. Et c’est peut être ça tout le côté horrifique du roman.
Ma note
❤/5
Voici un roman qui m’aura vraiment étonnée. Je partais sur une histoire horrifique et j’ai en fait trouvé l’histoire très triste et dramatique. Victor aurait pu trouver des millions de solutions pour éviter tout ce carnage et pourtant, trop absorbé par lui-même, il ne fait rien. C’était si frustrant. Mais j’ai ressenti comme rarement et pour ça Mary Shelley mérite vraiment d’être lue.
Je vous conseille fortement la sublime édition Pocket qui est si belle.
Editions : Pocket
ISBN 9782266346795
8.00€- 304 pages



